
A PROPOS DE L'ENTRETIEN DE Andry RAJOELINA DANS LE JOURNAL FRANÇAIS « LA CROIX ».
Après la réunion de la Commission des Affaires Étrangères de l'Assemblée Nationale française sur Madagscar, notre pays est à nouveau sur le devant de la scène grâce à cet entretien dans le journal « La Croix », quotidien français très prisé parmi les intellectuels et décideurs français pour son indépendance et la rigueur de ces articles.
Plusieurs points frappent le lecteur. D'abord, la courtoisie et l'absence de toute invective ou propos violents de la part du Président de la HAT. Il confirme son image d'homme politique serein, lucide et posé. Pas de phrases à l'emporte pièce comme celles qui nous reviennent de Pretoria. On est loin de l'atmosphère « règlement de comptes » ou « pressions en tout genre ».
Ensuite, un fait patent, Marc Ravalomanana a démissionné, la Haute Cour Constitutionnelle a donné son avis et le Peuple a été présent pendant des jours et des semaines. On est loin du coup d'Etat pensé dans le secret, permettant au lever du jour à des blindés d'entourer la Présidence, pour arrêter et transférer dans une prison, au secret, le Président déchu. On l'oublie un peu trop vite, lors de la remise du pouvoir aux militaires, le représentant de l'ONU était présent !!! Et on parle encore de coup d'Etat ...
Les perspectives politiques dessinées par le président de la HAT sont identiques à celles réclamées par la communauté internationale, au passage, bien silencieuse sur les agissements de Marc Ravalomanana, pendant des années. Que veut Andry Rajoelina ?
- une Constitution cohérente et rigoureuse conforme à la culture malagasy et s'inscrivant dans le droit fil de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme reconnue par l'ONU ;
- ensuite des élections, mais des élections libres, pluralistes et sincères.
Ne sont-ce pas les revendications maintes fois répétées par l'homme de la rue comme par les observateurs nationaux et étrangers ?
Ensuite, Andry Rajoelina a raison d'insister sur les difficultés que représente l'organisation d'élections transparentes, gages de la paix et de l'unité retrouvés. Il faut constituer et vérifier les listes électorales car en matière de bourrage d'urnes certains chez nous sont passés experts ; ils faut que les électeurs et les électrices puissent être identifiés ce qui suppose qu'ils soient titulaires d'une carte d'identité. Or, quittez Fianarantsoa, circulez simplement le long de la RN 7 et vous serez malheureusement frappés par le taux d'analphabètes et de non inscrits sur des registres d'état-civil. C'est par centaines que certains de nos compatriotes n'ont aucune existence légale et ce, 48 ans après retrouvé notre souveraineté ! Merci les anciens !
C'est aussi cela la réalité malgache que nous a laissée Marc Ravalomanana malgré les projets et autres injections de fonds de bailleurs internationaux.
Andry Rajoelina a mille fois raisons de se méfier d'élections organisées à la va vite. Regardons ce qui se passe en Côte d'Ivoire malgré une armada militaire et administrative payée par la communauté internationale. Il a fallu attendre plus de 3 ans après l'accord de Ouaga, entre les protagonistes, pour fixer la date de l'élection présidentielle faute de ne pouvoir établir des listes électorales sincères et contrôlables. Plus de 500 000 jugements supplétifs ont été nécessaires pour attribuer une carte d'identité, fondement d'un scrutin réellement démocratique et transparent. Donc, oui, il faut incontestablement des élections mais des vraies ! Nous en avons assez des simulacres et autres mascarades. Les exemples récents de la Mauritanie et de la Guinée doivent nous ouvrir les yeux et, maintenant regardons aussi du côté de Libreville avec l'après Bongo. .....
Sur la situation économique, l'analyse de Rajoelina est incontestable et même reconnu par les instances internationales. C'est d'ailleurs pour cela qu'on peut se demande si ces dernières préfèrent un prébendier sorti d'élections opaques à un honnête démocrate porté par un peuple qui n'en peut plus.
Enfin, sur l'âge que n'entendons pas ici et là ! On oublie que la durée de vie moyenne d'un homme chez nous n'atteint pas 65 ans ! Et quel âge avait Omar Bongo le président du Gabon qui vient de mourir ? 31 ans, ancien postier et ancien membre de services secrets français. Messieurs de la communauté internationale relisez notre histoire ! Ce n'est pas l'âge qui fait problème, c'est le comportement qui nous interpelle. Regardons chez nous les résultats de la gestion publique de bon nombre de têtes bien pleines, formées la plupart du temps à l'Etranger. Elles ne sont restées que pleines car quant à être bien faites , c'est bien là le problème et la cause de tous nos maux !