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LE ROLE DE LA H.A.T

Suite à un mécontentement général et au soulèvement populaire, Mr Ravalomanana a remis sa démission de Président de la République et s’est enfui à l’Etranger. Mr Andry Rajoelina, Maire élu de la ville capitale, soutenu par un fort mouvement populaire actif depuis plusieurs semaines, a accepté, à la demande de l’ensemble des forces vives nationales, de présider la Haute Autorité de la Transition. Cette instance a été rendue nécessaire du fait de la démission du Gouvernement en place et du refus de Marc Ravalomanana de procéder à un remaniement ministériel équitable et cohérent, c'est-à-dire accepter de partager le pouvoir avec une équipe de transition comme cela lui était réclamé depuis au moins deux ans.

La Haute Autorité de la Transition (HAT), instance de transition, prend en charge la gestion du pays. Elle garantit :

- L’instauration réelle de la démocratie,

- La sécurité de l’Etat,

- La continuité de l’Etat,

- La stabilité politique,

- Joue le rôle de facilitateur auprès de la société civile pour l’organisation des :

(i) Conférences régionales

(ii) Assises nationales

(iii) Réconciliation nationale

- L’organisation des élections dans un délai permettant qu’elles soient libres, transparentes et incontestables.

La HAT, sous la houlette, de Andry Rajoelina, est constituée de 44 membres. Ils représentent l’ensemble des forces politiques du pays. La composition de la HAT illustre la volonté d’une politique nouvelle défendue par Mr Andry Rajoelina : équilibre régional au profit de la stabilité politique et économique. Une vraie concertation nationale et démocratique dans la conduite des affaires nationales. Appel aux compétences de tous les malagasy sans exception. Par ailleurs, la gestion du pays est aussi la gestion du quotidien de millions de Malagasy. Mr Andry Rajoelina a apporté des réponses immédiates aux besoins de la population. La HAT n’a pas ménagé ses efforts, en temps de crise, pour satisfaire les besoins de la population en mettant en place des mesures d’urgences : diminution sensible des prix de vente des Produits de Premiers Nécessités (PPN) tel que le riz, huile, sucre… (D’ailleurs les derniers indicateurs de l’INSTAT l’attestent puisque le taux d’inflation observé est de 10,2% contre 11% l’année dernière au même moment)

En effet, la situation dans laquelle Mr Ravalomanana a plongé le pays est plus que désastreuse. Il a crée une dépendance totale, avec ses entreprises personnelles, des consommateurs Malagasy. La position monopolistique de toutes ses sociétés dans tous les secteurs clefs de l’économie malagasy rend la population plus pauvres et Mr Ravalomanana plus riche. Deux exemples pour illustrer la gouvernance anti-constitutionnelle de Mr Ravalomanana : L’huile produite par le groupe Tiko (son consortium) a des prix de revient les moins élevés du monde. Or, elle est vendue à plus 2 Euros le litre. Avec US $ 1 par jour pour vivre, l’huile et le riz étant deux des aliments de base des malagasy, comment peut-on vivre décemment dans ces conditions ?

La Banque Mondiale a financé des kits scolaires pour les enfants malagasy. Les kits ont été effectivement distribués à tous les élèves scolarisés. Mais quand on regarde de près, on se rend compte que les kits ont étés achetés par l’Etat Malagasy au groupe Tiko. Le transport des kits scolaires de la Chine vers Madagascar s’est effectué en majeure partie via l’avion présidentiel. Mr Ravalomanana ne viole t-il pas ici l’ « Article 43 - Les fonctions au service des institutions de l'Etat ne peuvent constituer une source d'enrichissement illicite ni un moyen de servir des intérêts privés. » de la Constitution ? On nous dit « retour à la légalité ».

Madagascar a été gouverné jusqu’en février au rythme des amendements en fonction des besoins personnels de l’ex chef de l’Etat. Quant à son arrogance, elle n’a d’égale que son ego. Comment peut on gouverner ainsi ?

Mais le point culminant des dérapages de Mr Ravalomanana est la vente de milliers d’hectares de terrains arables et la fermeture arbitraire de la Radio et la Télévision de l’opposition au mépris total de l’Article 11 de la Constitution, « - Tout individu a droit à l'information. L'information sous toutes ses formes n'est soumise à aucune contrainte préalable… » La modification de la Constitution constitue un exemple parlant du respect de l’Etat par l’ex-Président :

De la Fonction législative

« Chapitre 1 :De l'Assemblée Nationale Article 68 - ….Le vote a lieu au scrutin public et à main levée… »

N’est-ce pas là le vrai visage de Mr Ravalomanana, Constitution taillée sur mesure pour le seul Président ? L’intimidation, et la menace ne sont-ils pas l’expression même d’un dictateur ?

Les dépités du régime Ravalomanana, crient et manifestent sans qu’il y ait répression (Rappelons-nous la tuerie de février dernier dont furent victimes les partisans d’Andry Rajoelina). De quel côté se trouve la Démocratie ? Les détracteurs de la HAT se disent pour la légalité, pour le retour à l’ordre constitutionnel. Voyons d’abord, la légalité. Que dire des nominations arbitraires de Présidents de Délégation Spéciale (PDS) dans les communes récalcitrantes au régime de Mr Ravalomanana ?

Que dire des exportations massives de ressources naturelles de Madagascar (bois précieux, par exemple) sans débat, ni information ? Que dire du non paiement des droits et taxes et autres exonérations douanières dont ont bénéficié pendant des années les entreprises de Marc Ravalomanana ?

Que dire de la société ALMA créée de toute pièce pour capter les juteux marchés de construction des routes financées par la Banque mondiale ? Pour le respect des droits constitutionnels, que dire des journalistes et autres députés d’opposition emprisonnés à raison de leurs opinions ? Et tout cela sous les yeux des chancelleries dont l’ambassadeur US et autres représentants des partenaires financiers au développement, UE, Banque mondiale. Sans compter les prières obligatoires avant toute réunion officielle.

Et pour quel Dieu quand on refuse tout rendez-vous avec l’ambassadeur de France au motif « qu’il porte malheur » ? La loi et la légalité ne sont pas négociables que l’on soit ou pas des nostalgiques du régime prébendier que nous avons tous subi. Halte à la manipulation politique et à la dissimulation. Et la Constitution ? N’oublions pas que lors de sa démission, Mr Ravalomanana a remis le pouvoir à un directoire militaire. Etait-il obligé, sachant que ces généraux ont été nommés et promus par lui ? Etait-ce constitutionnel ? Dès cet instant, la volonté de nuire de Mr Ravalomanana envers la population Malagasy, est révélée au grand jour : Après moi le déluge !

Osons croire que ce fut le dernier cadeau empoisonné de Mr Ravalomanana à la population malagasy. Et pourtant, Mr Ravalomanana n’a pas dit son dernier mot. Il a suffisamment accumulé de richesses au détriment de la population malagasy pour pouvoir manipuler des compatriotes incrédules. Avec une démarche revancharde, qui multiplie les fausses déclarations chocs, projets de retour au pays à chaque fin de semaine, demande de pardon,… Tout y passe, mais la sincérité manque cruellement. Alors, j’en appelle à vos consciences, en particulier aux déçus de Ravalomanana. Unissons-nous et œuvrons pour l’avenir de Madagascar, aidons le peuple Malagasy. Cessons la déstabilisation, la politique politicienne et travaillons pour un libre choix d’institutions et de pratiques démocratiques acceptées de tous.

Nous avons tous les mêmes ennemis : les dictateurs et la pauvreté.

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