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Les leaders malgaches, réunis au Mozambique, s'attaquent au partage du pouvoir.

AFP PHOTO/CARLOS LITULO

Mercredi, août 26, 2009 - 07:20

Liste des brèves AFP

 

Par Alexandra LESIEUR.

 

Les leaders malgaches, tombés d'accord il y a deux semaines sur un cadre de transition, ont exposé mardi leurs propositions de partage de pouvoir et ont prévu, faute d'accord, de reprendre mercredi matin les négociations pour sortir Madagascar de la crise politique.

L'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, son rival Marc Ravalomanana, ancien président évincé en mars, et deux ex-chefs d'Etat ont débattu d'une proposition de la médiation internationale, lors de cette première journée de discussions sur la répartition des postes-clés au sein des organes de transition.

"Il y a des propositions et ils vont y réfléchir. La médiation reste optimiste, c'est difficile mais une conclusion heureuse pourrait intervenir demain", a déclaré à la presse le médiateur de l'Union africaine, Ablassé Ouédraogo.

"Demain (mercredi), ils vont commencer à négocier sur la base de ce qui a été dit jusqu'à présent. Il y a des bases pour faire des négociations", a nuancé le chef de la médiation internationale, l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano.

Les quatre chefs de file malgache, représentant les principales mouvances politiques de la Grande Ile, s'étaient rencontrés pour la première fois à Maputo où ils avaient signé le 9 août un accord mettant en place une période de transition politique.

Ils étaient tombés d'accord sur l'instauration d'un nouveau gouvernement de transition et sur l'organisation d'élections d'ici fin 2010 pour sortir Madagascar de la crise politique dans laquelle l'Ile s'enfonce depuis janvier. Mais les discussions avaient achoppées sur la répartition des postes-clés.

M. Rajoelina, à la tête d'une délégation renforcée avec le Premier ministre Monja Roindefo, s'est déjà posé comme le futur patron de la période de transition. "On ne peut pas imaginer que ce soit quelqu'un d'autre", a prévenu mi-août l'ex-opposant porté au pouvoir par l'armée, qui a forcé M. Ravalomanana à l'exil.

Une proposition inacceptable pour le camp Ravalomanana. "Nous sommes contre Rajoelina président. Mais si nous sommes à la table des négociations, c'est que nous tenons compte de la mouvance Rajoelina. Qu'il prenne la primature ou un autre poste!", a estimé, sous couvert d'anonymat, un membre de la délégation du président évincé.

Selon la proposition de la médiation qui sert de base de travail pour tenter de trouver un terrain d'entente, les postes les plus convoités de président et de Premier ministre reviendraient respectivement à M. Rajoelina et à une personne neutre, n'appartenant à aucune mouvance, a indiqué un membre de la médiation.

La mouvance Ravalomanana obtiendrait un poste de vice-Premier ministre et la présidence du Congrès de transition (chambre basse du Parlement).

"Comme toutes négociations, ça ne se présente pas facilement", reconnaît le médiateur de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Edem Kodjo. Mais ce dernier estime, tout comme l'ex-président malgache Albert Zafy, que "le plus difficile est déjà fait".

La question du retour de M. Ravalomanana, un des principaux obstacles à la transition, avait été réglée lors du premier sommet, après avoir monopolisé plus de la moitié des débats. Le président évincé, qui vit en Afrique du Sud, avait accepté de ne retourner à Madagascar que lorsque la situation serait "favorable".

Sa condamnation à quatre ans de prison pour l'achat controversé d'un avion présidentiel a été levée et plusieurs de ses partisans ont été libérés, dont Manandafy Rakotonirina, assigné à résidence pendant quatre mois et aujourd'hui candidat au poste de Premier ministre.

Après ces premières avancées, la France a demandé mardi aux leaders des quatre principales mouvances d'agir "dans le même esprit constructif que celui ayant présidé à la première session, début août", selon un porte-parole du Quai d'Orsay.

 

 

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